Session Posters 2014
Catégorie : Médicaments

ANTI-HYPERTENSEURS ET CHIRURGIE BARIATRIQUE : RECOURS À LA VOIE SUBLINGUALE EN POST-OPÉRATOIRE

Réf. 013 M
Oral
Hanane LAOUAR1, Imane CHERQAOUI2, André RIEUTORD1, Sandrine ROY1
1 : Pharmacie, Béclère, 157 rue de la porte de Trivaux, 92140 Clamart
2 : Département d´anesthésie réanimation, Béclère, 157 rue de la porte de Trivaux, 92140 Clamart
Résumé du poster
Introduction : La sleeve ou gastrectomie longitudinale est une technique de chirurgie bariatrique imposant une période de jeûn absolu jusqu’à objectivation par imagerie de l’absence de fuite au niveau des cicatrices (48-72h). Un arrêt transitoire ou une substitution des traitements habituels est alors indispensable. Dans le cas des antihypertenseurs (antiHTA), leur arrêt brutal peut entrainer un effet rebond délétère sur le plan cardiovasculaire, mais aussi au niveau de la ligne d’agrafes avec un risque hémorragique important. Si la nicardipine IV est la substitution actuellement en place, les veinites observées conduisent les anesthésistes à rechercher d’autres alternatives, utilisant notamment la voie sublinguale. L’objectif de ce travail est d’identifier quelles sont les molécules prescrites afin de proposer des alternatives en fonction des données publiées dans la littérature.

Matériels & méthode : Les historiques médicamenteux réalisés de janvier à juin 2014 pour les patients hospitalisés pour sleeve ont été analysés. Ceci a permis de quantifier la part des patients sous traitement antiHTA et de répertorier les classes rencontrées avec la fréquence de chaque molécule. Puis, des données de pharmacocinétique, pharmacodynamie et tolérance pour les molécules prescrites ont été recherchées dans la littérature. Les articles retenus étaient ceux reposant sur l’administration sublinguale des traitements antiHTA initialement destinés à la voie orale.

Résultats & discussion : 108 patients ont été hospitalisés pour sleeve, 23 patients (21%) recevaient un traitement antiHTA, dont 10 un sartan (4 molécules différentes), 5 un beta-bloquant (4 molécules), 4 un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) (4 molécules) et 4 un inhibiteur calcique (3 molécules). 15 molécules différentes sont donc concernées. Des publications ont été retrouvées pour le propranolol, le valsartan, le captopril et la nicardipine. Tous ces articles comprenaient des données sur l’intensité et la durée de l’effet antiHTA. Concernant la tolérance digestive, elle était principalement explorée dans les travaux portant sur la nicardipine sublinguale [Savi.L et al.,Int J Clin Pharmacol Ther Toxicol. 1992] : la voie sublinguale ne majore pas les nausées et vomissements, qui pourraient fragiliser la ligne d’agrafes.

Conclusion : Comme la substitution actuelle est la nicardipine IV, un protocole utilisant la nicardipine sublinguale a été rédigé par l’équipe d’anesthésie sur la base des données retrouvées par la pharmacie. Actuellement ce protocole teste l’administration de 20 mg de nicardipine en sublingual, en salle de réveil avec un monitorage de la pression artérielle pendant 1 heure puisque l’effet maximal est retrouvé en 45-50 min. Si les essais montrent que cette posologie n’est pas suffisante, des essais à la dose de 50 mg seront menés. Les autres données retrouvées pour le passage sublingual du valsartan et du captopril serviront ultérieurement de base de travail pour l´équipe d´anesthésistes.

Mots clés : Chirurgie bariatrique, Anti-hypertenseurs, Voie sublinguale