Session Posters 2015
Catégorie : Médicaments

RHABDOMYOLYSE INDUITE PAR LA PRÉGABALINE, DÉCLENCHÉE PAR UN TRAUMATISME MINEUR, SUITE À UNE CHUTE D´ORIGINE IATROGÈNE

Réf. 009 M
Guillaume WABONT1, Safia NADJI1, Guenaelle FAURE1, Jean-philippe HAMMELIN2, Cécile JONNEAUX1, Pascale GUILLAIN1
1 : Pharmacie - Stérilisation, Centre Hospitalier de Douai, Route de Cambrai, 59507 Douai
2 : Néphrologie - Hémodialyse, Centre Hospitalier de Douai, Route de Cambrai, 59507 Douai
Résumé du poster
Introduction : La rhabdomyolyse induite par la prégabaline est peu connue des professionnels de santé et rarement décrite dans la littérature scientifique.
Nous rapportons ici le cas d´une patiente hospitalisée en service de néphrologie pour insuffisance rénale aiguë associée à une rhabdomyolyse post-traumatique, secondaire à une chute mécanique, et dont l´origine iatrogène n´a pu que tardivement être mise en lumière, retardant ainsi la guérison de la patiente.


Matériels & méthode : Compte tenu du caractère négligeable du traumatisme, une cause iatrogène à cette élévation soudaine et importante des taux de créatine phosphokinase (CPK) est apparue évidente aux yeux des médecins en charge de la patiente. N´associant aucun des traitements de la patiente à un risque de rhabdomyolyse aiguë sévère, ils ont fait appel à l´expertise pharmaceutique pour déterminer la cause de l´affection.
Une recherche bibliographique a été réalisée en associant les mots clefs : "rhabdomyolyse" et chacune des molécules constituant le traitement de la patiente.
L’algorithme de Naranjo a permis d’évaluer le lien de causalité entre l’événement indésirable et la prise médicamenteuse.


Résultats & discussion : Seuls deux articles scientifiques traitent de cet effet indésirable de la prégabaline, expliquant en partie qu´il soit méconnu des professionnels de santé. Cependant, ceux-ci font état de la phase d´instauration de traitement ou d´augmentation de la posologie en prégabaline, alors que dans notre cas le traitement était en prise chronique, et que la rhabdomyolyse est survenue suite à un événement aiguë.
L´arrêt du traitement par prégabaline a été recommandé aux médecins, en s´assurant qu´un autre traitement soit mis en place secondairement. Une rapide chute des taux sanguins de CPK, ainsi qu´une reprise de la fonction rénale ont rapidement été observées, orientant ainsi vers l´imputabilité de la prégabaline. Le score de 7 à l’algorithme de Naranjo a permis de conclure à une causalité probable.
Il est à noter que la chute mécanique ayant conduit au traumatisme déclencheur de la rhabdomyolyse est elle aussi d´origine iatrogène, la prégabaline provoquant également une dépression centrale, majorée par la co-prescription de zolpidem et de fentanyl.


Conclusion : Les paramètres biologiques se sont normalisés quelques jours après l´arrêt du traitement par prégabaline, désormais contre-indiquée à vie chez cette patiente.
L´équipe pharmaceutique a sensibilisé l´ensemble des prescripteurs sur cet effet indésirable, et sur l´intérêt d´une surveillance biologique accrue en cas de co-administration de prégabaline avec d´autres produits myotoxiques.
Cet événement a fait l´objet d´une déclaration auprès du centre régional de pharmacovigilance.

Mots clés : Rhabdomyolyse, Prégabaline, Iatrogénie médicamenteuse, Algorithme de Naranjo, Pharmacovigilance