Session Posters 2016
Catégorie : Médicaments

FRÉQUENCE ET FACTEURS DE RISQUE DES HYPOGLYCÉMIES IATROGÈNES CHEZ LE DIABÉTIQUE DE TYPE 2

Réf. 012 M
Khouloud BEN JEDDOU1, Aimen  ABBASSI1, Nesrine HASNI1, Emna  BEN MRAD1, Nabil  CHOUCHANE2, Karima KHIARI3, Zeineb  OUAHCHI1
1 : Pharmacie, CHU Charles Nicolle, Boulevard 9 Avril 1938 Bab Saadoun, 1006 Tunis
2 : pharmacie, CHU Farhat Hached
3 : Endocrinologie, CHU Charles Nicolle, Boulevard 9 Avril 1938 Bab Saadoun, 1006 Tunis
Résumé du poster
Introduction : Le diabète est une maladie chronique avec une incidence et une prévalence en ascension permanente dans le monde. L´hypoglycémie représente l´effet indésirable majeur des médicaments antidiabétiques en particulier les insulines et les insulino-sécrétagogues. Rares sont les études d´observation en vie réelle sur les hypoglycémies iatrogènes chez le diabétique de type 2.

Matériels & méthode : Il s´agit d´une étude observationnelle transversale dont l´objectif principal est de déterminer la fréquence des hypoglycémies iatrogènes chez les patients diabétiques de type 2 hospitalisés ou consultant à titre externe au niveau du service d´endocrinologie. L´évaluation a été basée sur le recueil des hypoglycémies rapportées : survenues au cours des 6 derniers mois pour les hypoglycémies légères à modérées ou au cours des 12 derniers mois pour les hypoglycémies sévères. Les hypoglycémies retenues sont celles qui répondent à la définition de l´ADA associée au critère d´amélioration après administration de glucose ou de glucagon. Les facteurs de risque sociodémographiques (âge, sexe, niveau d´étude, situation socioéconomique)et cliniques ( ancienneté du diabète, comorbidité, traitements antidiabétiques et traitements associés) ont été analysés par un test de contingence Chi2 avec un risque alpha inférieur à 5%.

Résultats & discussion : Au total 141 patients diabétiques de type 2 ont été inclus dans l´étude avec une moyenne d´âge de 59,3 ans et un sexe ratio H/F de 0,64. Les patients étaient traités par des antidiabétiques oraux (ADO) seuls (45,4%), Insuline seule (20,6%) ou ADO associés à l´insuline (34%). Soixante et onze patients (50,4%) ont rapporté au moins un incident d´hypoglycémie qui a été objectivée par une GAD inférieure à 0,7 g/l seulement chez neuf patients soit 6% d´hypoglycémies confirmées. Dix sept patients (12,1%) ont rapporté la survenue d´hypoglycémie sévère ayant nécessité chez six patients l´admission au service des urgences et l´administration de glucagon ou de sérum glucosé. Des résultats similaires ont été décrits dans les travaux de Gilet et al ainsi que par Jodar-Gimeno et al. Une corrélation a été établie entre la présence d´handicap physique (p=0,029), l´ancienneté du diabète (p=0,035) et la survenue d´hypoglycémie. Par ailleurs une forte corrélation a été retrouvé avec la présence de micro angiopathie (p=0,006). Ceci pourrait être expliqué par l´impact des complications dégénératives comme la neuropathie diabétique sur la perception des signes de l´hypoglycémie notamment les signes adrénergiques.

Conclusion : Plus fréquentes et plus connues pour le diabète de type 1, les hypoglycémies iatrogènes ont été peu étudiées chez les diabétiques de type 2. Notre étude a révélée que l´hypoglycémie s´avère être un évènement non rare pour le diabète de type 2 et devrait être considérée avec plus d´importance par les praticiens.

Mots clés : Diabète type 2, Hypoglycémie, Iatrogénie, Facteurs de risque