Session Posters 2016
Catégorie : Pharmacoéconomie

ANTI-ÉPILEPTIQUES : DES GÉNÉRIQUES AUX « PHEV »

Réf. 049 E
Jean-baptiste PAIN1, Maude KOLSKI1, Anne-solène MONFORT1, Hakim YAICHE1, Emmanuelle ADVENIER-IAKOVLEV1
1 : Pharmacie, Centre hospitalier Sainte Anne, 1 rue Cabanis, 75014 Paris
Résumé du poster
Introduction : Dans le cadre du passage aux génériques de nombreuses spécialités anti-épileptiques (AE), une politique de prescription a été définie en 2013 dans notre établissement. Elle vise à concilier sécurité du patient, bénéfices économiques liés aux génériques, et substitution refusable par le patient et le clinicien pour cette classe thérapeutique. Cette politique était : pas de substitution pour les patients souffrant d’épilepsie chronique déjà sous traitement, et pour les patients présentant une autre pathologie ou pour lequel il s’agit d’une initiation de traitement : prescription du générique référencé. En 2016, dans le cadre de la « feuille de route Plan ONDAM », l’ARS a relevé, concernant les prescriptions hospitalières exécutées en ville (PHEV) de nos prescripteurs, un taux de délivrance en génériques en dessous de la moyenne, taux lié au faible taux de substitution des anti-épileptiques. Le but de ce travail était d’évaluer la politique mise en place, et de définir d’éventuelles actions auprès des médecins concernant cette classe thérapeutique sensible.

Matériels & méthode : Analyse des consommations des principaux AE, en princeps et en génériques, notamment le levetiracetam, sur plusieurs années, pour déterminer l’évolution de leur coût global et de la part des génériques. Ont été déterminés: le coût global des AE, le coût du levetiracetam, le taux de substitution en neurochirugie (calcul par rapport aux quantités délivrées),
Audit des prescriptions d’AE du pôle neurosciences afin de déterminer le taux de suivi des recommandations locales (période allant du 18/01/16 au 29/06/16, recherche pour chaque ligne de prescription d’AE de la conformité (pas de switch si épilepsie chronique, générique si absence d’épilepsie) ou de la non-conformité).


Résultats & discussion : Le coût global des AE pour l’établissement est passé de 128 800 euros en 2012 à 39 291 en 2015. La diminution de coût la plus importante a était celle associée au référencement du levetiracetam injectable générique (- 38000 euros l’année du passage au générique, un prix à 16 euros en 2012, à moins d’un euros en 2016). Pour le levetiracetam comprimé, le coût est passé de 12000 euros en 2009 à 4000 euros en 2015, avec un prix moyen annuel passant de 1,08 euros en 2009 à 0,34 euros en 2015, soit une diminution de 69%. Le taux de prescription des génériques en neurochirurgie, service concerné par les AE via les indications de prévention des crises post-opératoires et de chirurgie de l’épilepsie, était de 64% entre 08/2014 et 08/2015, et de 69% entre 08/2015 et 08/2016.
L’audit de 200 prescription d’AE a montré que sur 211 lignes de prescription: 115 étaient conformes, (54.5%) et 96 non conformes (45.5%).


Conclusion : La question des génériques est délicate pour la classe des anti-épileptiques. Cependant les résultats présentés montrent un réel effort des prescripteurs pour suivre la politique établie dans l’établissement. Une nouvelle information des prescripteurs et un suivi plus ciblé des prescriptions d’AE permettront d’améliorer encore nos résultats sans nuire à la qualité de la prise en charge des patients.

Mots clés : antiépileptiques, génériques, plan ONDAM