Session Posters 2017
Catégorie : Pharmacotechnie

ÉTUDES PRÉLIMINAIRES POUR L´OPTIMISATION D´UNE CRÈME DE SIROLIMUS 0.1%.

Réf. 036 PT
Sephora  BELO1, Joël SCHLATTER1, Philippe-henri SECRETAN1, Salvatore CISTERNINO1
1 : Pharmacie clinique, Hôpital Necker Enfants malades , 149 rue de Sèvres, 75015 Paris
Résumé du poster
Introduction : La sclérose tubéreuse de Bourneville est une maladie rare qui induit des lésions dermatologiques, dont les angiofibromes faciaux qui sont esthétiquement et psychologiquement très handicapant. Les traitements disponibles (lasers, chirurgie, dermabrasion) présentent une variabilité interindividuelle, avec parfois des séquelles importantes. Une préparation topique de sirolimus 0,1 % m/m a montré une efficacité significative. Cependant, à notre connaissance, le devenir cutané du sirolimus n’a jamais été évalué. Deux facteurs critiques peuvent intervenir : le pH cutané et l’exposition à la lumière solaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’influence de ces deux facteurs sur la dégradation du principe actif en vue d’améliorer sa stabilité et de donner des conseils relatifs à son emploi.

Matériels & méthode : Pour évaluer l’influence du pH, des aliquots de crème de sirolimus 0,1% m/m ont été exposés à des variations de pH par ajout de NaOH et de HCl pendant 1 heure à l’abri de la lumière.

L’impact de la lumière solaire a été étudié en ajoutant des composés connus pour piéger les espèces réactives à l’oxygène potentiellement générées en présence de ce stress. Des solutions de sirolimus seul (300 µM dans un mélange eau (50%)/acétonitrile(50%)) et en présence de quatre de ces composés isolés (500 µM pour chaque) ont été exposées pendant différentes durées à une lampe simulant les rayons solaires (lampe ICH 1,47 W/m² ; 420 nm).

Les échantillons ont été analysés par chromatographie liquide en phase inverse couplée à un détecteur à barrette de diodes (DAD).


Résultats & discussion : La chromatographie a permis de quantifier le principe actif et de séparer les produits de dégradation (pas de coelution visible en DAD). Dans la crème, le sirolimus s’est avéré instable à pH basiques (pH = 10 ; n=3), avec un pourcentage de dégradation de 68 % +/- 7. Il est plus stable en milieu acide (ph= 2 ; n=3) avec un pourcentage de dégradation de 20 % +/-7.
Après irradiation du sirolimus à t=5 ; 15 et 120 minutes, les pourcentages de dégradation étaient respectivement de 2 ; 11 et 95 %. Aucune atténuation significative de la photodégradation n’a été constatée par l’ajout des quatre composés.


Conclusion : L’instabilité du sirolimus crème à pH basique est un paramètre important à prendre en compte. Des conseils sur l’hygiène dermatologique des patients pourraient être apportés afin de maintenir la crème à un pH optimal.
Le sirolimus est très sensible à la lumière solaire ce qui confirme l’application de la crème le soir. Les composés ajoutés n’ayant pas permis de réduire significativement la dégradation du sirolimus, d’autres essais sont en cours avec des couples d’antioxydants pour limiter la photo dégradation du sirolimus après administration cutanée.


Mots clés : Sclérose Tubéreuse de Bourneville, sirolimus, topique, photodégradation, stabilité