Session Posters 2019
Catégorie : Médicaments

ANTIBIOTHÉRAPIE DE PLUS DE SEPT JOURS : COMMENT ÉVALUER LA PERTINENCE DES PRESCRIPTIONS ?

Réf. 007 M
Alexis LANDRY1, Julien MONTREUIL1, Emmanuelle HEUSSE2, Luc MAUGER3, François GRAVEY4, Stéphanie TRUET1, Didier LEMOINE1
1 : Service Pharmacie, CH AUNAY-BAYEUX, 13 rue de NESMOND, 14400 Bayeux
2 : Laboratoire d´analyses médicales, CH AUNAY-BAYEUX, 13 rue de NESMOND, 14400 Bayeux
3 : Service de Cardiologie, CH AUNAY-BAYEUX, 13 rue de NESMOND, 14400 Bayeux
4 : Equipe GRAM 2.0 EA 2656, Université de CAEN, 14000 CAEN
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Résumé du poster
Introduction : Pour lutter contre l’émergence des résistances bactériennes et préserver l’efficacité des antibiotiques, le PROPIAS a défini un nouvel indicateur de bon usage des anti-infectieux. L’indicateur NAT_10 renseigne le taux d’antibiothérapies supérieures à sept jours non justifiées.
L’objectif principal est de calculer l’indicateur NAT_10. Cependant cet indicateur ne tient compte que de la durée de traitement. Ainsi, le second objectif est d’évaluer la pertinence des prescriptions en intégrant d’autres critères cliniques.

Matériels & méthode : Sur le mois d’avril 2019, toutes les antibiothérapies de plus de sept jours ont été recueillies grâce à notre module d’analyse pharmaceutique. Un trinôme composé d’un médecin réanimateur, d’un microbiologiste et d’un pharmacien formé à l’antibiothérapie ont évalué la pertinence des prescriptions. Dans un premier temps, le seul critère de jugement était la durée de l’antibiothérapie en prenant comme référentiel les recommandations nationales d’une part et les propositions de durée de la SPILF d’une autre part. Dans un second temps, ce trinôme a évalué la pertinence des antibiothérapies en combinant quatre critères : la durée de l’antibiothérapie selon les recommandations nationales, le choix de la molécule, la posologie et la voie d’administration.

Résultats & discussion : Un total de 61 antibiothérapies de plus de sept jours associées à 16 indications cliniques différentes ont été recueillies. Il s’agissait majoritairement d’infections urinaires (n=22), d’infections intra-abdominales (n=16) ou de bactériémies (n=11). En tenant compte seulement de la durée de traitement et quel que soit le référentiel utilisé, le taux d’antibiothérapies supérieures à sept jours non justifiées était de 37,7% (n=23). En combinant les quatre critères pour évaluer la pertinence clinique, le taux d’antibiothérapies de plus de sept jours non justifiées était de 55,7% (n=34). Le choix de la molécule prescrite était pertinent dans 68,9% (n=42) des cas, la posologie prescrite dans 96,7% (n=59) des cas et la voie d’administration utilisée dans 88,5% (n=54) des cas. Le choix de la molécule prescrite dans les infections urinaires était significativement (p=0,01) plus fréquemment inadapté par rapport aux autres indications. A l’inverse, celui-ci était significativement meilleur (p=0,03) pour la prise en charge des infections intra-abdominales.

Conclusion : Cette étude a permis de calculer le taux de l’indicateur NAT_10 au sein de notre établissement. Il apparait que cet indicateur sous-estime le nombre de prescriptions de plus de sept jours non justifiées. En effet, la durée de traitement n’est pas suffisante pour évaluer le caractère « justifié » d’une antibiothérapie. De plus, ces résultats ont fait émerger d’autres problématiques concernant notamment la prise en charge des infections urinaires. Ainsi, ces résultats vont être présentés lors de la Commission Médicale d’Etablissement (CME) et la Commission des Anti-Infectieux (CAI) et une lettre d’information sur les points importants sera adressée aux prescripteurs. Pour mesurer l’impact de nos actions cette étude sera de nouveau réalisée dans un an.

Mots clés : Anti-infectieux, Gestion responsable des antimicrobiens, Revue des pratiques de prescription des médicament