MÉDICAMENTS PERSONNELS EN CHIRURGIE : DES PROGRÈS À FAIRE.
Réf. 015 M
Coralie MOINE-PICARD1, Nafeesa AZIZ1, Dan-thanh HOANG-NGUYEN1, Isabelle DOSDA1, Jean-eudes FONTAN1, Juliette OLIARY1
1 : Service de Pharmacie à Usage Interne, Hôpital Lariboisière APHP, 2 rue Ambroise Paré, 75010 Paris
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Résumé du poster
Introduction : L’interruption ou la poursuite non intentionnelle d’un traitement et l’erreur de dose sont les principaux risques lorsque les médicaments personnels (MP) sont autogérés par les patients dans les unités de soins (US). Dans notre hôpital, un champ dédié du dossier de soins prévoit de demander à chaque patient à son entrée, de remettre ses MP à l’infirmière (IDE) et de tracer cette action. Or dans un contexte d’autogestion d’un traitement personnel, la double prise d’un anticancéreux oral et d’un anti-hypertenseur a été observée. Cet évènement nous a conduit à évaluer les pratiques afin d’identifier les actions correctives à mettre en place.
Matériels & méthode : L’audit a été réalisé un jour donné dans toutes les US de chirurgie et obstétrique (200 lits) de l’hôpital par un interne et un externe de pharmacie, en juillet-août 2019. Tous les patients présents le jour de l’audit et hospitalisés depuis plus de 24h ont été inclus. Concernant le stockage, il a été demandé à chaque patient si des MP étaient présents dans sa chambre, et si oui, s’il les autogérait. Par ailleurs, la traçabilité de la remise des MP par les patients aux IDE a été évaluée. Enfin, concernant la prescription, la mention « MP » (champ dédié dans le logiciel) a été recherchée dans chaque ordonnance.
Résultats & discussion : Cinq services de chirurgie (13 US) ont été audités : 117 patients ont été inclus sur 196 patients présents le jour de l’audit, (exclusion de 34 bébés, 16 patients sortis avant notre venue dans l’US et de 29 patients hospitalisés depuis moins de 24h). Sur 117 patients, 90 ont pu être interrogés. Sur 90 patients, 26 (29 %) ont déclaré détenir des MP dans leur chambre, détention qui n’était correctement tracée que dans 5 dossiers de soins infirmiers sur 26 (19%).
Parmi les 26 patients détenant des MP, 19 (21% des patients interrogés) ont déclaré autogérer en partie ou en intégralité leurs MP. L’autogestion par ces 19 patients portait sur 52 médicaments, dont certains à risque (anticoagulants, antihypertenseurs …). Sur ces 52 médicaments, 13 étaient prescrits avec la mention « MP », 13 étaient prescrits sans mention « MP » et 26 n’étaient pas prescrits (concernant 11 des 19 patients déclarant autogérer leur traitement).
Conclusion : Parmi les patients hospitalisés en chirurgie, près d’un sur 3 détient des MP dans sa chambre, plus d’un sur 5 les autogère en totalité ou en partie et plus d’un sur 10 autogère des médicaments non prescrits. Par ailleurs, pour 80% des patients conservant des MP dans leur chambre, la détention n’est pas tracée correctement dans le dossier IDE.
Cette situation porteuse de risque, déjà identifiée dans de nombreux établissements, perdure donc. Elle impose un rappel aux IDE et aux médecins de la procédure institutionnelle : aux IDE la nécessité de ne pas laisser les MP aux patients et de ne les utiliser que si le délai d’approvisionnement par la PUI est incompatible avec une prise en charge satisfaisante, et aux médecins l’obligation de prescrire la totalité du traitement qu’il soit fourni ou non par l’hôpital. Puis les pratiques en chirurgie seront réévaluées.
Mots clés : Médicaments personnels, Sécurisation, Audit, Chirurgie
Matériels & méthode : L’audit a été réalisé un jour donné dans toutes les US de chirurgie et obstétrique (200 lits) de l’hôpital par un interne et un externe de pharmacie, en juillet-août 2019. Tous les patients présents le jour de l’audit et hospitalisés depuis plus de 24h ont été inclus. Concernant le stockage, il a été demandé à chaque patient si des MP étaient présents dans sa chambre, et si oui, s’il les autogérait. Par ailleurs, la traçabilité de la remise des MP par les patients aux IDE a été évaluée. Enfin, concernant la prescription, la mention « MP » (champ dédié dans le logiciel) a été recherchée dans chaque ordonnance.
Résultats & discussion : Cinq services de chirurgie (13 US) ont été audités : 117 patients ont été inclus sur 196 patients présents le jour de l’audit, (exclusion de 34 bébés, 16 patients sortis avant notre venue dans l’US et de 29 patients hospitalisés depuis moins de 24h). Sur 117 patients, 90 ont pu être interrogés. Sur 90 patients, 26 (29 %) ont déclaré détenir des MP dans leur chambre, détention qui n’était correctement tracée que dans 5 dossiers de soins infirmiers sur 26 (19%).
Parmi les 26 patients détenant des MP, 19 (21% des patients interrogés) ont déclaré autogérer en partie ou en intégralité leurs MP. L’autogestion par ces 19 patients portait sur 52 médicaments, dont certains à risque (anticoagulants, antihypertenseurs …). Sur ces 52 médicaments, 13 étaient prescrits avec la mention « MP », 13 étaient prescrits sans mention « MP » et 26 n’étaient pas prescrits (concernant 11 des 19 patients déclarant autogérer leur traitement).
Conclusion : Parmi les patients hospitalisés en chirurgie, près d’un sur 3 détient des MP dans sa chambre, plus d’un sur 5 les autogère en totalité ou en partie et plus d’un sur 10 autogère des médicaments non prescrits. Par ailleurs, pour 80% des patients conservant des MP dans leur chambre, la détention n’est pas tracée correctement dans le dossier IDE.
Cette situation porteuse de risque, déjà identifiée dans de nombreux établissements, perdure donc. Elle impose un rappel aux IDE et aux médecins de la procédure institutionnelle : aux IDE la nécessité de ne pas laisser les MP aux patients et de ne les utiliser que si le délai d’approvisionnement par la PUI est incompatible avec une prise en charge satisfaisante, et aux médecins l’obligation de prescrire la totalité du traitement qu’il soit fourni ou non par l’hôpital. Puis les pratiques en chirurgie seront réévaluées.
Mots clés : Médicaments personnels, Sécurisation, Audit, Chirurgie
