Session Posters 2019
Catégorie : Pharmacotechnie

ANTICIPATION DES PRÉPARATIONS DE BORTÉZOMIB : QUEL BILAN FINANCIER À UN AN ?

Réf. 035 PT
Cléa TARDY1, Amandine LADAIQUE1, Wesam SAEED1, Muriel CARVALHO1, Muriel PAUL1
1 : Pharmacie, Henri Mondor, 51 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 94010 Créteil
Voir le poster complet
Résumé du poster
Introduction : Depuis un an, à la demande des médecins, notre unité de préparation des cytotoxiques (UPC) anticipe la fabrication des seringues de bortézomib. Auparavant, les patients pouvaient attendre 2 à 4h en hôpital de jour (HDJ) entre la consultation médicale et l’administration du médicament. Aujourd’hui, la nouvelle organisation repose sur la préparation anticipée du bortézomib avant l’arrivée des patients. La standardisation des doses (arrondi entre 4 et 7,5% pour des doses de 1,65 à 2,6mg) permet de faciliter les réattributions en cas de non administration, le produit ayant une stabilité limitée (5 jours, stabilis, mai 2018). Outre l’avantage organisationnel et la satisfaction des acteurs et des patients, l’objectif de ce travail a été d’évaluer l’impact financier du nouveau circuit.

Matériels & méthode : Sur un an, les paramètres étudiés ont été : le taux de retour, le taux de réattribution, les coûts évitables, le ratio coût évitable sur coût total, le délai de retour des seringues et les causes de non réattribution. Les données ont été collectées à l’aide du logiciel Chimio® et du fichier de suivi des retours et réattributions. Les coûts ont été calculés par mg de bortézomib. Une perte financière inférieure à 5% du coût total a été jugée acceptable.

Résultats & discussion : L’UPC a fabriqué 1497 doses standard de bortézomib (9% à 1,75mg; 19% à 2mg, 25% à 2,25mg, 46% à 2,5mg) dont 5% ont été retournées. Les réattributions ont pu avoir lieu dans 78% des cas. Les préparations non réattribuées correspondaient à une perte financière de 7961€, soit 1% du coût total. Le délai de retour à l’UPC a été supérieur à 48h pour 60% des seringues.
Les causes de non réattribution ont été : le délai de retour trop important (40%), l’absence de prescription d’un dosage identique sur la période de stabilité (40%) ou bien l’omission de réattribution par le personnel de l’UPC (20%). Ce dernier point représentait un coût évitable de 1613,25€ (0,2% du coût total).


Conclusion : La perte financière engendrée par l’anticipation de préparation du bortézomib reste acceptable au regard de l’amélioration de l’organisation en HDJ. Même si le taux de non réattribution est faible, il reste important de sensibiliser le personnel de l’UPC et de l’HDJ pour diminuer les pertes financières associées. La satisfaction des patients, des soignants et de l’équipe de l’UPC est en faveur du maintien du circuit actuel, limitant notamment les préparations en flux tendu à l’UPC. Il est à espérer que cette organisation permette également une optimisation des plannings et du nombre de places disponibles en HDJ. Enfin, des données récentes démontrent que la stabilité du bortézomib peut être étendue à 28 jours, ce qui limiterait d’avantage les pertes financières associées.

Mots clés : bortezomib, pharmacotechnie, préparation anticipée