LA PRISE DES TRAITEMENTS CHRONIQUES PENDANT LE CONFINEMENT EN VILLE ET A L’HÔPITAL
Réf. 005 M
Samantha HUYNH1, Béatrice PIOT1, Stéphanie WEBER1, Rui BATISTA1
1 : Service de Pharmacie, Hôpital Cochin, 27 Rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 PARIS
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Résumé du poster
Introduction : Dans le contexte de l’épidémie du Sars-CoV-2 (COVID-19) se pose le problème des réticences des patients à se rendre en pharmacies de ville (PV) et hospitalière (PH). Aussi, des études relient la prise des médicaments agissant sur le système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) et la prévalence des patients atteints de forme grave de la COVID-19.
L’objectif est de comparer et évaluer l’adhésion médicamenteuse et les changements d’habitude concernant la prise des médicaments en lien avec le confinement.
Matériels & méthode : Cette étude monocentrique et rétrospective sur 2 mois (15/05-15/07) est réalisée à l’aide d’un questionnaire anonyme. Deux populations sont étudiées : les patients traités par antihypertenseurs suivis en PV et ceux par antirétroviraux (ARV) suivis en PH.
Résultats & discussion : Les échantillons sont composés de 61 patients hypertendus (HTA+) vs 81 atteints du VIH (VIH+) d’âge moyen et de sex ratio respectivement 62 ans et 2,1 (HTA+) vs 53 ans et 3,1 (VIH+).
Pour les VIH+, 22% ont été réticents à se rendre en PH : 53% ont eu peur de la surfréquentation, 35% ont craint de croiser des malades COVID+ et 18% n’ont pas souhaité prendre les transports en commun. Les HTA+ ont été 20% à redouter les PV dont 82% à cause de la surfréquentation.
Les HTA+ (30%) et les VIH+ (41%) ont changé leur habitude pour aller en pharmacie : les HTA+ ont évité les heures de pointe (56%), missionné une tierce personne (33%), changé de pharmacie (17%) ou se sont faits livrer (11%). Les VIH+ ont évité les heures de pointe (42%), changé pour la PV (39%), arrêté (9%) ou changé pour une PH plus proche (6%).
Au vu de leur pathologie chronique préexistante, 38% des HTA+ et 51% des VIH+ ont été inquiets d’être atteints de la COVID.
En cas d’ordonnance périmée pendant le confinement, 16% des HTA+ et 21% des VIH+ ont reçu une ordonnance de leur médecin par mail ou courrier. Les patients ont eu connaissance du renouvellement exceptionnel (RE) à 60% : 12% des HTA+ et 1% des VIH+ ont demandé un RE à leur pharmacien. Les patients connaissaient la téléconsultation (TC) à 85% : 3% des HTA+ et 4% des VIH+ y ont eu recours.
Enfin 18% des HTA+ ont pris leur tension plus fréquemment que d’habitude.
Il y a eu peu d’impact des études reliant les médicaments du SRAA aux formes graves de COVID sur les HTA+. Cela peut s’expliquer par la non-connaissance de ces études ou la confiance envers les médecins.
Les HTA+ sont plus observants et mieux informés que les VIH+ de la TC et du RE. Une augmentation de la prise de tension est notée due au caractère anxiogène du confinement.
Une part importante des VIH+ a poursuivi la prise en charge en PV mais est revenue en PH après le confinement (par habitude, par besoin de plus de confidentialité et pour le suivi en consultation à l’hôpital).
Conclusion : L’adhésion médicamenteuse pourrait être améliorée par l’information des patients sur l’existence du RE et de la TC. Il serait pertinent d’évaluer l’impact de l’inobservance pendant le confinement des VIH+ sur le long terme : augmentation de la charge virale, résistance aux ARV ?
Mots clés : adhésion médicamenteuse, Sars-CoV-2, officine, rétrocession, maladie chronique
L’objectif est de comparer et évaluer l’adhésion médicamenteuse et les changements d’habitude concernant la prise des médicaments en lien avec le confinement.
Matériels & méthode : Cette étude monocentrique et rétrospective sur 2 mois (15/05-15/07) est réalisée à l’aide d’un questionnaire anonyme. Deux populations sont étudiées : les patients traités par antihypertenseurs suivis en PV et ceux par antirétroviraux (ARV) suivis en PH.
Résultats & discussion : Les échantillons sont composés de 61 patients hypertendus (HTA+) vs 81 atteints du VIH (VIH+) d’âge moyen et de sex ratio respectivement 62 ans et 2,1 (HTA+) vs 53 ans et 3,1 (VIH+).
Pour les VIH+, 22% ont été réticents à se rendre en PH : 53% ont eu peur de la surfréquentation, 35% ont craint de croiser des malades COVID+ et 18% n’ont pas souhaité prendre les transports en commun. Les HTA+ ont été 20% à redouter les PV dont 82% à cause de la surfréquentation.
Les HTA+ (30%) et les VIH+ (41%) ont changé leur habitude pour aller en pharmacie : les HTA+ ont évité les heures de pointe (56%), missionné une tierce personne (33%), changé de pharmacie (17%) ou se sont faits livrer (11%). Les VIH+ ont évité les heures de pointe (42%), changé pour la PV (39%), arrêté (9%) ou changé pour une PH plus proche (6%).
Au vu de leur pathologie chronique préexistante, 38% des HTA+ et 51% des VIH+ ont été inquiets d’être atteints de la COVID.
En cas d’ordonnance périmée pendant le confinement, 16% des HTA+ et 21% des VIH+ ont reçu une ordonnance de leur médecin par mail ou courrier. Les patients ont eu connaissance du renouvellement exceptionnel (RE) à 60% : 12% des HTA+ et 1% des VIH+ ont demandé un RE à leur pharmacien. Les patients connaissaient la téléconsultation (TC) à 85% : 3% des HTA+ et 4% des VIH+ y ont eu recours.
Enfin 18% des HTA+ ont pris leur tension plus fréquemment que d’habitude.
Il y a eu peu d’impact des études reliant les médicaments du SRAA aux formes graves de COVID sur les HTA+. Cela peut s’expliquer par la non-connaissance de ces études ou la confiance envers les médecins.
Les HTA+ sont plus observants et mieux informés que les VIH+ de la TC et du RE. Une augmentation de la prise de tension est notée due au caractère anxiogène du confinement.
Une part importante des VIH+ a poursuivi la prise en charge en PV mais est revenue en PH après le confinement (par habitude, par besoin de plus de confidentialité et pour le suivi en consultation à l’hôpital).
Conclusion : L’adhésion médicamenteuse pourrait être améliorée par l’information des patients sur l’existence du RE et de la TC. Il serait pertinent d’évaluer l’impact de l’inobservance pendant le confinement des VIH+ sur le long terme : augmentation de la charge virale, résistance aux ARV ?
Mots clés : adhésion médicamenteuse, Sars-CoV-2, officine, rétrocession, maladie chronique
