Session Posters 2022
Catégorie : Médicaments

CONSULTATION PHARMACEUTIQUE EN ONCOLOGIE : SYNTHÈSE À 10 MOIS DE MISE EN PLACE DANS UN ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ, ET ÉCHANGES AVEC LES PHARMACIENS D’OFFICINE

Réf. 012 M
Saad MOHAMED1, Carole HELISSEY2, Alice VIALLET1, Virginie LAMAND1, Elisabeth CHEN1
1 : Pharmacie à usage intérieur, Hôpital d´Instruction des Armées Bégin, 69 Avenue de Paris, 94160 Saint-Mandé
2 : Unité de recherche clinique, Hôpital d´Instruction des Armées Bégin, 69 Avenue de Paris, 94160 Saint-Mandé
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Résumé du poster
Introduction : L’émergence des thérapies orales (TO) a amélioré la prise en charge des patients atteints de cancer. Au-delà de l’efficacité thérapeutique, ces TO ont permis un gain en autonomie et en confort pour les patients. Cependant, les toxicités propres de ces TO et la prise en charge en ambulatoire soulèvent de nombreux défis. Ainsi, le parcours de soins des patients est devenu plus complexe du fait notamment d’un suivi partagé entre l’hôpital et la ville. L’avenant 21 de la Convention nationale pharmaceutique permet aux pharmaciens d’accompagner les patients atteints d’un cancer traité par TO. Ainsi des consultations pharmaceutiques en oncologie (CPO) ont été mise en place en novembre 2021 au sein de notre hôpital.

L’objectif de notre étude était de faire un état des lieux des CPO depuis leur mise en place.


Matériels & méthode : Notre étude était rétrospective monocentrique. Tous les patients recevant une TO (primo-prescription ou renouvellement) étaient éligibles à une CPO. Le circuit de CPO était le suivant : une CPO était prescrite par le médecin sur le logiciel de prescriptions (LP), puis un étudiant en pharmacie prenait rendez-vous par téléphone auprès du patient. Le jour de la CPO, le patient était accueilli par le pharmacien dans le service de consultations externes de l’hôpital. Les objectifs et les explications lui étaient présentés en suivant les recommandations de la SFPO, et une fiche sur leur traitement leur était remise en fin de CPO. Enfin, l’officine du patient était contactée par téléphone puis un compte-rendu était rédigé sur le LP. Les informations relatives aux CPO sont remplies par les prescripteurs et le pharmacien sur le LP. Celles-ci ont été extraites, synthétisées sur un fichier Excel® puis analysées.

Résultats & discussion : Un total de 41 CPO ont été réalisées. Parmi les patients, 54% étaient des femmes (n=22). L’âge médian était de 70 ans (range 27-86). Le temps de préparation moyen du dossier était de 35 minutes (σ=4,3), et la durée moyenne d’une CPO était de 55 minutes (σ=14,5). Onze patients étaient venus accompagnés (27%). Les principales localisations tumorales étaient le sein (26%), la prostate (26%), le poumon (12%), et le rein (12%). Dix-huit CPO (44%) ont nécessité des interventions pharmaceutiques, notamment pour adapter la posologie et aider au choix de la molécule. Pour 27 patients, une CPO de suivi a été réalisée. Trente officines ont pu être contactées (73%) afin de leur communiquer des informations sur la TO du patient. Seuls 5 pharmaciens officinaux connaissaient ces traitements (17%). Après un échange de 5 minutes en moyenne, un compte-rendu leurs étaient transmis par courriels (n=29 ; 97%). Lorsque l’officine n’avait pas accès à une messagerie électronique sécurisée, un compte-rendu anonymisé leur était diffusé.

Conclusion : Notre étude a démontré la faisabilité et l’intérêt de la mise en place des CPO, quel que soit la localisation du primitif. Elle renforce le lien fort entre la ville et l’hôpital et permet ainsi de sécuriser le parcours de soin des patients pour maintenir le bénéfice thérapeutique, limiter les effets secondaires et donc l’inobservance possible.

Mots clés : Thérapie orale, Consultation pharmaceutique, Oncologie, Interventions pharmaceutiques, Lien ville-hôpital