Session Posters 2025
Catégorie : Informatisation - automatisation

ÉVALUATION DE LA TRAÇABILITÉ DE L’ADMINISTRATION DES STUPÉFIANTS : LES ARMOIRES INFORMATISÉES RÉPONDENT-ELLES AUX EXIGENCES RÉGLEMENTAIRES ?

Réf. 011 I
Marwane FAHIM1, Gaëlle OKA1, Anne JACOLOT1, Rémi PIERAGOSTINI1
1 : Pharmacie à Usage Intérieur , Hôpital Avicenne (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris), 125 rue de stalingrad, 93000 Bobigny
Résumé du poster
Introduction : Dans notre hôpital, les prescriptions sont informatisées dans tous des services d’hospitalisation conventionnelle. Dix d´entre eux sont équipés d’armoires informatisées (AI) permettant également le stockage des stupéfiants et la génération de rapports contenant les informations nécessaires au renouvellement des dotations de ces stupéfiants, conformément aux exigences de l’arrêté du 12 mars 2013. Dans ce contexte, ces rapports sont utilisés comme justificatifs. Un médicament stupéfiant est alors considéré comme administré s’il remplit deux conditions : il a été prélevé sans être restitué dans l’AI, et le rapport a été cosigné par le médecin responsable et le cadre de santé.
Cependant, ces rapports n’étant pas libellés comme des traçabilités d’administration, notre objectif était d’évaluer leur concordance avec la traçabilité d’administration réalisée par les infirmiers diplomés d´état (IDE) dans le logiciel d’aide à la prescription (LAP) institutionnel.

Matériels & méthode : Cette évaluation des pratiques professionnelles (EPP), monocentrique, rétrospective et observationnelle, a été conduite de mai à juillet 2025 dans 8 des 10 services équipés d’AI. Les services d’urgences et d’unité de surveillance continue post-opératoire ont été exclus, les prescriptions n’y étant pas consultables a posteriori. Pour chaque service inclus, cinquante prélèvements ont été tirés au sort puis comparés aux données issues du LAP. Les données anonymisées ont été extraites des AI Omnicell® et du LAP Orbis®. Elles comprenaient : la spécialité médicamenteuse, le dosage, les dates et heures de prélèvement (AI) et d’administration (LAP), ainsi que l’identité du patient et de l’IDE. Un prélèvement était considéré comme conforme s’il correspondait au bon médicament, administré au bon patient, à la bonne dose et au bon moment. Les résultats sont exprimés en pourcentage.

Résultats & discussion : Au total, 400 prélèvements, réalisés par 140 IDE (en moyenne 17,5 IDE par service), ont été analysés. La proportion de prélèvements conformes était de 95 % (n = 381) par rapport à la traçabilité de l’administration dans le LAP, et de 97 % (n = 389) par rapport à la prescription. Parmi les discordances, huit médicaments prélevés figuraient bien sur la prescription mais n’étaient pas tracés comme administrés dans le LAP ; il s’agissait majoritairement de stupéfiants prescrits "si besoin" (n = 7). Les autres discordances observées correspondaient à une erreur de spécialité médicamenteuse prélevée (n = 4) ; des prescriptions orales en réanimation dans des situations d’urgence (n = 3) ; une erreur d’identification du patient (n = 2) ; une erreur de quantité (n = 1) ; et une erreur de date de prélèvement (n = 1).

Conclusion : Les rapports issus des AI ne constituent pas une traçabilité de l’administration parfaitement conforme aux exigences réglementaires. Ainsi, leur utilisation exclusive pour le renouvellement des dotations en stupéfiants présente certaines limites. Néanmoins, la majorité des erreurs observées auraient probablement également pu survenir avec un système de traçabilité manuscrite couplé à un stockage en coffre. À la suite de cette EPP, un rappel des bonnes pratiques de prélèvement et de traçabilité a été réalisé auprès des services concernés. La fiabilité des rapports devrait être améliorée par la mise en place d’un interfaçage entre les AI et le LAP.

Mots clés : Stupéfiants, Armoires informatisées, Traçabilité d´administration