EXTRAVASATION DE MEDICAMENTS NON CYTOTOXIQUES AU BLOC OPERATOIRE : DES CONNAISSANCES THEORIQUES VERS UNE PRATIQUE A ACTUALISER
Réf. 015 M
Marine MANUELLI1, Nouhaila KOUAISSAH1, Olivier BANTIGNIES2, Dhia BENSALEM2, Benoît JACQUOT1, Caroline VALLE1
1 : Pharmacie, CH Bar le Duc, 1 Boulevard d´Argonne, 55000 Bar le Duc
2 : Bloc opératoire, Polyclinique du Parc, 53 route de Behonne, 55000 Bar le Duc
2 : Bloc opératoire, Polyclinique du Parc, 53 route de Behonne, 55000 Bar le Duc
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Résumé du poster
Introduction : L’extravasation (EV) correspond à l’injection accidentelle et non intentionnelle de médicaments dans les tissus périvasculaires ou sous-cutanés. Elle constitue une cause de morbidité iatrogène, ainsi qu’un facteur d’augmentation de la durée et des coûts d’hospitalisation. Contrairement aux EV de médicaments cytotoxiques, celles impliquant des médicaments non cytotoxiques sont encore peu documentées.
À la suite d’un événement indésirable grave survenu au bloc opératoire, et en l’absence de procédure établie, une évaluation des connaissances du personnel sur ce type d’EV a été menée.
Matériels & méthode : Un questionnaire de 19 items, répartis en trois catégories, a été élaboré. La 1ère partie (5 items) recueillait les données socio-professionnelles des répondants (sexe, âge, profession, expérience antérieure d’EV constatée et/ou prise en charge (PEC)). La 2ème partie (8 items) portait sur les connaissances théoriques des participants concernant l’EV (définition, facteurs de risque, classification des molécules : non irritantes (NI), irritantes (I), vésicantes (V), association photos cliniques/catégories, exemples de molécules NI, I, V). La dernière partie (6 items) explorait les connaissances pratiques (traitement selon le médicament, chronologie des étapes, type de pansement, différence entre compresses chaudes et froides).
Résultats & discussion : Sur 51 questionnaires envoyés, 16 ont été complétés (9 (56%) femmes, 7 (44%) hommes), avec un âge moyen de 35,8 ans. Le panel comprenait 8/17 IDE, 4/8 IADE, 3/3 IBODE, et 1/3 médecin anesthésiste-réanimateur (MAR). Sur les 20 chirurgiens composant l’équipe du bloc opératoire, aucun n’a participé à l’étude. 14 participants avaient déjà été confrontés à une situation d’EV. 12 savaient, que les cytotoxiques n’étaient pas les seuls en cause, définir une EV et identifier les facteurs de risque. 10 ont correctement associé les images cliniques aux catégories de molécules. 5 ont cité une molécule NI, 9 une molécule I, et 7 une molécule V. 12 connaissaient les complications liées aux produits vésicants. Tous savaient que la surveillance du site d’injection est la meilleure prévention. 14 reconnaissaient que la PEC dépend du médicament extravasé. En revanche, aucun ne maitrisait la chronologie complète des étapes de PEC ni le type de pansement à utiliser. 12 préconisaient, à tort, l’usage de compresses alcoolisées, non recommandées à ce jour.
Conclusion : Malgré une non-participation des chirurgiens à l’étude pouvant s’expliquer par un manque de sensibilisation à l’étude et/ou une charge de travail importante, l’étude révèle un bon niveau de connaissances théoriques mais une PEC inadaptée et non actualisée, comme en témoigne l’utilisation fréquente des compresses alcoolisées. Une procédure a été élaborée, listant les molécules utilisées au bloc, leur classification (NI, I, V), ainsi que les modalités de PEC (application de compresses chaudes/froides). Un binôme MAR-IADE titulaire du DU « Abord Vasculaire », a été désigné référent et anime désormais des formations internes visant à actualiser et harmoniser les pratiques professionnelles.
Mots clés : extravasation, médicament, non cytotoxique, bloc opératoire
À la suite d’un événement indésirable grave survenu au bloc opératoire, et en l’absence de procédure établie, une évaluation des connaissances du personnel sur ce type d’EV a été menée.
Matériels & méthode : Un questionnaire de 19 items, répartis en trois catégories, a été élaboré. La 1ère partie (5 items) recueillait les données socio-professionnelles des répondants (sexe, âge, profession, expérience antérieure d’EV constatée et/ou prise en charge (PEC)). La 2ème partie (8 items) portait sur les connaissances théoriques des participants concernant l’EV (définition, facteurs de risque, classification des molécules : non irritantes (NI), irritantes (I), vésicantes (V), association photos cliniques/catégories, exemples de molécules NI, I, V). La dernière partie (6 items) explorait les connaissances pratiques (traitement selon le médicament, chronologie des étapes, type de pansement, différence entre compresses chaudes et froides).
Résultats & discussion : Sur 51 questionnaires envoyés, 16 ont été complétés (9 (56%) femmes, 7 (44%) hommes), avec un âge moyen de 35,8 ans. Le panel comprenait 8/17 IDE, 4/8 IADE, 3/3 IBODE, et 1/3 médecin anesthésiste-réanimateur (MAR). Sur les 20 chirurgiens composant l’équipe du bloc opératoire, aucun n’a participé à l’étude. 14 participants avaient déjà été confrontés à une situation d’EV. 12 savaient, que les cytotoxiques n’étaient pas les seuls en cause, définir une EV et identifier les facteurs de risque. 10 ont correctement associé les images cliniques aux catégories de molécules. 5 ont cité une molécule NI, 9 une molécule I, et 7 une molécule V. 12 connaissaient les complications liées aux produits vésicants. Tous savaient que la surveillance du site d’injection est la meilleure prévention. 14 reconnaissaient que la PEC dépend du médicament extravasé. En revanche, aucun ne maitrisait la chronologie complète des étapes de PEC ni le type de pansement à utiliser. 12 préconisaient, à tort, l’usage de compresses alcoolisées, non recommandées à ce jour.
Conclusion : Malgré une non-participation des chirurgiens à l’étude pouvant s’expliquer par un manque de sensibilisation à l’étude et/ou une charge de travail importante, l’étude révèle un bon niveau de connaissances théoriques mais une PEC inadaptée et non actualisée, comme en témoigne l’utilisation fréquente des compresses alcoolisées. Une procédure a été élaborée, listant les molécules utilisées au bloc, leur classification (NI, I, V), ainsi que les modalités de PEC (application de compresses chaudes/froides). Un binôme MAR-IADE titulaire du DU « Abord Vasculaire », a été désigné référent et anime désormais des formations internes visant à actualiser et harmoniser les pratiques professionnelles.
Mots clés : extravasation, médicament, non cytotoxique, bloc opératoire
