MÉDICAMENTS POTENTIELLEMENT INAPPROPRIÉS CHEZ LE SUJET ÂGÉ CHUTEUR : COMPARAISON ENTRE UN SERVICE D’ORTHO-TRAUMATOLOGIE ET UN SERVICE DE GÉRIATRIE AIGUË
Réf. 016 M
Elise ARNOULD1, Aurélie REITER-SCHATZ1, Cathy MULLER-SCHMITT1, Nathalide DUMOUSSAUD2, Elise SCHMITT3, Bénédicte GOURIEUX1
1 : Pharmacie-Stérilisation, Hôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg
2 : Orthopédie-traumatologie, Hôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg
3 : Gériatrie, Hôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg
2 : Orthopédie-traumatologie, Hôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg
3 : Gériatrie, Hôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg
Voir le poster complet
Résumé du poster
Introduction : Les chutes chez les personnes âgées sont d’origine multifactorielle. La iatrogénie médicamenteuse représente une part importante, notamment les médicaments potentiellement inappropriés (MPI) dont le rapport bénéfice/risque est défavorable. L’objectif est d’étudier la prévalence et la nature des MPI chez les patients chuteurs en gériatrie et de traumatologie à l’aide d’une grille de recueil intégrant différents outils de référence pour la pratique gériatrique.
Matériels & méthode : Deux études rétrospectives ont été menées en traumatologie (13/03 au 13/05) et en gériatrie (17/06 au 24/07) incluant tous les patients de plus de 75 ans admis pour chute. Des données démographiques et gériatriques (score SEGA) ont été relevées ainsi que des données relatives aux prescriptions de MPI en utilisant plusieurs outils : liste de Laroche, critères de Beers, charge anticholinergique (échelle CIA), liste STOPP.
Résultats & discussion : 31 patients ont été inclus dans chaque étude. L’âge moyen était 85,5 ans (75-98) en traumatologie, 88,2 ans (75-95) en gériatrie. Le score SEGA calculé était en moyenne 13/26 en traumatologie, 14/26 en gériatrie (différence non significative (p=0.46)). Dix médicaments étaient prescrits en moyenne par patient (0-21) dans les 2 services. La prescription d’un MPI était identifiée pour 90% (n=28) en traumatologie et 94% (n=29) en gériatrie. Dans chaque service, 8 patients avec au moins un MPI ont été identifiés selon la liste de Laroche. A l’aide des critères de Beers, 28 patients présentaient au moins un médicament à éviter en traumatologie, 26 en gériatrie. La charge anticholinergique calculée était en moyenne 2,6 en traumatologie contre 1,7 en gériatrie. Les classes thérapeutiques étaient similaires dans les 2 services : antidépresseurs (24%/34%), anxiolytiques (15%/16%), antipsychotiques (15%/9%). Les critères STOPP les plus fréquents en traumatologie étaient la prescription d’IPP > 8 semaines (12 cas) et la prescription de benzodiazépines (BZD) (10) ainsi que la durée > 4 semaines (10). En gériatrie, l’absence d’indication clinique (16 cas), les prescriptions au-delà de la durée recommandée (13), et les BZD sur une durée > 4 semaines étaient majoritaires.
Nos séries de patients présentaient de nombreux facteurs de risque prédisposant aux chutes : âge (>85ans), polymédication (10 médicaments/patient) et fragilité (score SEGA≥12). Plus de 90% des patients présentaient au moins un MPI identifié grâce à l’utilisation d’un outil complet et ergonomique combinant les référentiels. Les critères de Beers, étant plus exhaustifs que ceux de Laroche (26 vs 8), sont à privilégier. La charge anticholinergique dans les 2 services était faible (<5) mais les classes identifiées (antidépresseurs, antipsychotiques, BZD) sont les plus pourvoyeuses de chutes.
Conclusion : Cette étude a permis d’identifier des axes de travail prioritaires pour les classes les plus représentées (ex : durée de prescription inappropriée pour les IPP et les BZD). Une perspective dans la prévention du risque iatrogène de chute serait de travailler le lien avec la ville et de repérer la survenue de chutes à 6 mois après la sortie.
Mots clés : Médicaments potentiellement inappropriés, Chute, Traumatologie, Gériatrie, Outils gériatriques
Matériels & méthode : Deux études rétrospectives ont été menées en traumatologie (13/03 au 13/05) et en gériatrie (17/06 au 24/07) incluant tous les patients de plus de 75 ans admis pour chute. Des données démographiques et gériatriques (score SEGA) ont été relevées ainsi que des données relatives aux prescriptions de MPI en utilisant plusieurs outils : liste de Laroche, critères de Beers, charge anticholinergique (échelle CIA), liste STOPP.
Résultats & discussion : 31 patients ont été inclus dans chaque étude. L’âge moyen était 85,5 ans (75-98) en traumatologie, 88,2 ans (75-95) en gériatrie. Le score SEGA calculé était en moyenne 13/26 en traumatologie, 14/26 en gériatrie (différence non significative (p=0.46)). Dix médicaments étaient prescrits en moyenne par patient (0-21) dans les 2 services. La prescription d’un MPI était identifiée pour 90% (n=28) en traumatologie et 94% (n=29) en gériatrie. Dans chaque service, 8 patients avec au moins un MPI ont été identifiés selon la liste de Laroche. A l’aide des critères de Beers, 28 patients présentaient au moins un médicament à éviter en traumatologie, 26 en gériatrie. La charge anticholinergique calculée était en moyenne 2,6 en traumatologie contre 1,7 en gériatrie. Les classes thérapeutiques étaient similaires dans les 2 services : antidépresseurs (24%/34%), anxiolytiques (15%/16%), antipsychotiques (15%/9%). Les critères STOPP les plus fréquents en traumatologie étaient la prescription d’IPP > 8 semaines (12 cas) et la prescription de benzodiazépines (BZD) (10) ainsi que la durée > 4 semaines (10). En gériatrie, l’absence d’indication clinique (16 cas), les prescriptions au-delà de la durée recommandée (13), et les BZD sur une durée > 4 semaines étaient majoritaires.
Nos séries de patients présentaient de nombreux facteurs de risque prédisposant aux chutes : âge (>85ans), polymédication (10 médicaments/patient) et fragilité (score SEGA≥12). Plus de 90% des patients présentaient au moins un MPI identifié grâce à l’utilisation d’un outil complet et ergonomique combinant les référentiels. Les critères de Beers, étant plus exhaustifs que ceux de Laroche (26 vs 8), sont à privilégier. La charge anticholinergique dans les 2 services était faible (<5) mais les classes identifiées (antidépresseurs, antipsychotiques, BZD) sont les plus pourvoyeuses de chutes.
Conclusion : Cette étude a permis d’identifier des axes de travail prioritaires pour les classes les plus représentées (ex : durée de prescription inappropriée pour les IPP et les BZD). Une perspective dans la prévention du risque iatrogène de chute serait de travailler le lien avec la ville et de repérer la survenue de chutes à 6 mois après la sortie.
Mots clés : Médicaments potentiellement inappropriés, Chute, Traumatologie, Gériatrie, Outils gériatriques
