Session Posters 2025
Catégorie : Médicaments

OPTIMISATION DE LA PRESCRIPTION DES INHIBITEURS DE LA POMPE À PROTONS CHEZ LE SUJET ÂGÉ : VERS UNE DÉPRESCRIPTION RAISONNÉE

Réf. 020 M
Oral
Hana SAKLY1, Hadhemi HAJRI1, Jouhaina BLANCO1, Amani AOUINI1, Khouloud BEN JEDDOU1
1 : pharmacie, Hôpital universitaire de Bizerte, 7000 BIZERTE
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Résumé du poster
Introduction : Le mésusage des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) constitue une problématique majeure de santé publique. En effet, les IPP représentent une classe thérapeutique largement prescrite, notamment chez les sujets âgés. Cependant, leur usage prolongé les classe parmi les médicaments potentiellement inappropriés en gériatrie.
L’objectif de cette étude était d’analyser la pertinence des prescriptions d’IPP chez les patients âgés hospitalisés et d’identifier les situations nécessitant une déprescription.


Matériels & méthode : Il s’agit d’une étude transversale, interventionnelle réalisée dans un centre hospitalier sur une période de 2 mois. Tous les patients de plus de 65 ans, polymédiqués, hospitalisés et recevant un IPP ont été inclus. Les principaux critères de jugement (indication, posologie, voie d’administration) ont été évalués conformément aux recommandations de la HAS.
L’ensemble des prescriptions a été extrait et analysé sur EXCEL.


Résultats & discussion : Au total, 63 patients présentaient une prescription d’IPP pendant la période d’étude. Le sex-ratio (H/F) était de 1,33 et l’âge moyen de la population était de 72 ans. Ces patients recevaient en moyenne 7 ± 2 médicaments.
Le service le plus prescripteur était le service de médecine générale, avec 30 % des prescriptions. Les IPP étaient majoritairement prescrits dès l’admission, avec une administration intraveineuse observée dans 71 % des cas. La prévention des ulcères induits par les médicaments à risque de lésions gastroduodénales était le motif le plus fréquent de prescription d’un IPP (46 %), suivi par l’ulcère de stress dans 42 % des cas. Parmi les traitements à risque de lésions gastroduodénales, la bithérapie antiplaquettaire (DAPT) prédominait avec 48 %, suivie des anticoagulants oraux (32 %) et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (20 %). 38 patients recevaient une prescription d’au moins 4 semaines, tandis que 14 étaient traités au-delà de 8 semaines. L’indication des IPP n’était pas justifiée dans 26 % des cas, et la voie d’administration était jugée inappropriée dans 43 % des situations. Cela a conduit à une stratégie de déprescription adaptée, consistant en un arrêt du traitement dans 38 % des cas et un passage à la voie orale dans 32 %. Le taux d’acceptation de ces interventions pharmaceutiques était de 54 %.


Conclusion : Bien que la plupart des prescriptions d’IPP soient justifiées, la dose et la durée demeurent souvent inappropriées, soulignant la nécessité d’une sensibilisation des prescripteurs et d’une réévaluation régulière pour sécuriser et optimiser leur utilisation chez les patients âgés.

Mots clés : sujet âgé, prescription, optimisation, déprescription