Session Posters 2025
Catégorie : Pharmacotechnie

SÉCURISATION DE LA PRÉPARATION D’ANTICANCÉREUX DANS UNE UNITÉ PROVISOIRE MODULAIRE

Réf. 023 PT
Emma POEUF1, Nadine THIRIAT1, Laurence MARSAL2, Caroline SIROT2, Frédérique DIAW2, Zoé RIBIER1, Nathalie LE GUYADER1
1 : Pharmacie, Groupe Hospitalier Diaconesses Croix St Simon, 75020 PARIS
2 : Qualité et Hygiène, Groupe Hospitalier Diaconnesses Croix St Simon, 75020 PARIS
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Résumé du poster
Introduction : Des travaux de rénovation de notre Unité de Préparation Centralisée des Anticancéreux ont requis de travailler 7 mois dans une unité modulaire en préfabriqué avec un isolateur de prêt en surpression et un Plasmair®. L’objectif était d’assurer la production en conditions dégradées tout en maintenant le niveau de qualité requis pour garantir la sécurité des patients.

Matériels & méthode : Une analyse de risque selon la méthode AMDEC a permis d’identifier les défaillances potentielles, leur criticité initiale (CI) et leur criticité résiduelle (CR) après actions préventives. Un suivi renforcé des contrôles microbiologiques (contact et prélèvement d’air actif) et particulaires de l’unité a été mené. Les résultats ont été classés selon les recommandations des bonnes pratiques de préparations (BPP) en cible (respect de la classe C), action (respect de la classe D) et alerte (non-respect de la classe D). Les contaminations microbiologiques de l’isolateur (géloses contact, de sédimentation, empreintes de gants) obtenues avant (9 mois) et dans l’unité provisoire (6 mois) ont été comparées par des tests de Fisher et de Student (α=0.05). Un suivi quotidien de la température et de l’hygrométrie a été effectué.

Résultats & discussion : L’analyse de risque a identifié 37 risques dont 65%, 30% et 5% avec respectivement une CI faible, modérée et élevée (concernant l’hygiène, le transport, le besoin de prescription anticipée et les défauts d’isolation). Après actions correctives, 24 risques avaient une CR acceptable, 13 étaient à surveiller et 0 à traiter, soulignant une bonne maitrise globale. Dans l’unité, 10 prélèvements contacts étaient en alerte et 2 en action sur 197 prélèvements. Un renforcement des protocoles d’hygiène a permis de réduire la présence de moisissures dans l’air (89% des prélèvements d’air actif étaient malgré tout en alerte). De plus, 6 sur 34 prélèvements particulaires étaient en action et 0 en alerte, témoignant de l’efficacité du Plasmair®. La contamination microbiologique moyenne de l’isolateur avant et après déménagement n’était pas significativement différente (2,33 versus 2,83 par mois, F=1.725 et t=0.589) et les anticancéreux étant préparés en système clos, le risque infectieux était donc bien maitrisé. Enfin, 9% des températures mesurées étaient inférieures aux 18°C recommandés, 2% des mesures d’hygrométrie étaient trop élevées (>60%) et 16 % trop faibles (<30%). L’hygrométrie et la température étaient acceptables en période hivernale grâce à l’ajout de chauffage et d’un déshumidificateur.

Conclusion : L’unité modulaire est une solution économiquement avantageuse mais techniquement exigeante, surtout en l’absence de centrale de traitement d’air mobile. Une telle unité provisoire ne serait pas envisageable en période estivale, faute d’isolation thermique. Un renforcement des contrôles et des pratiques d’hygiène a néanmoins permis de maintenir la sécurité des patients.

Mots clés : Préparation de médicaments, Hygiène , Sécurité des patients, Contrôle d´une installation, Gestion du risque