REVUE DES PRESCRIPTIONS EN D’ÉTABLISSEMENTS D’HÉBERGEMENT POUR PERSONNES ÂGÉES DÉPENDANTES (EHPAD) : QUEL CONSTAT ?
Réf. 034 PP
Cécile DEWAILLY-COUTURE1, Cécile JONNEAUX1, Marion HENNION1, Jérome AUBERT1, Florence BOURDON1, France DUCASTEL1
1 : Pharmacie, Centre hospitalier de Roubaix , 35 rue de barbieux, 59100 Roubaix
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Résumé du poster
Introduction : Le vieillissement s’accompagne d’une augmentation des pathologies chroniques et de la polymédication, exposant les résidents d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) à un risque accru de iatrogénie. La validation pharmaceutique est un acte réglementaire à l’hôpital, contribuant à la sécurisation des prescriptions. Toutefois, la révision des lignes de traitement en interdisciplinarité permet d’aller plus loin, en optimisant la pertinence des prescriptions et en réduisant les effets indésirables. En France, la durée moyenne de séjour en EHPAD est estimée à 3 ans et 4 mois(1), soulignant l’importance d’une prise en charge médicamenteuse adaptée et durable. L’objectif était d’identifier les médicaments potentiellement inappropriés (MPI) chez les résidents de deux EHPAD rattachées à un centre hospitalier (228 résidents), puis d’évaluer les économies théoriques associées aux modifications proposées.
Matériels & méthode : La révision des traitements chroniques des résidents d’EHPAD a été menée par un binôme interdisciplinaire médecin–pharmacien clinicien sur une période de 4 mois, avec pour référence la liste REMEDIES. Les IDE (infirmier diplômé d’état) ou IPA (infirmier en pratique avancé) ont contribué en apportant leur regard soignant sur les traitements. Les médicaments potentiellement inappropriés ont été classés en overuses (surutilisations), misuses (mauvaises utilisations) et underuses (sous-utilisations). Le coût théorique des overuses et underuses a été estimé sur 12 mois à partir du prix unitaire toute taxe comprise (TTC) de notre marché hospitalier.
Résultats & discussion : 50 patients ont été revus, soit 613 lignes de prescription. Au total, 278 modifications ont été proposées (45,3 %), dont 21,5 % d’overuses (n = 129), 19,7 % de misuses (n = 121) et 4,1 % d’underuses (n = 25). Les erreurs les plus fréquentes concernaient la posologie (39,7 %), le plan de prise (16,5 %) et la Dénomination Commune Internationale (DCI) (24 %). Les médicaments les plus impliqués étaient le paracétamol (59,4 %), la vitamine D (17,6 %), les IPP et compléments alimentaires (8,3 %), et les anxiolytiques (7,9 %).
Les traitements arrêtés étaient majoritairement administrés per os (86 %) et une prise quotidienne systématique était observée dans 84.3 % des cas.
Les médicaments arrêtés liée aux overuses correspondaient à 38 600 € TTC d’achat annuel, dont 28 000 € (75%) pour les compléments nutritionnels oraux (CNO). Les underuses représentaient à 6900 euros TTC.
Conclusion : La réévaluation interdisciplinaire des prescriptions en EHPAD contribue à ajuster les traitements aux besoins réels des résidents tout en maîtrisant les coûts. Les compléments nutritionnels oraux, fréquemment prescrits sans réévaluation, représentent un axe prioritaire d’optimisation et un enjeu financier, nécessitant une réflexion partagée autour de leur indication. Une étude ciblée sur la pertinence des prescriptions des CNO étendue à l’ensemble des résidences va être prochainement mise en place et menée en lien avec le Comité de Liaison en alimentation et Nutrition (CLAN).
(1) Tuffreau M. L’Ehpad, dernier lieu de vie pour un quart des personnes décédées en 2015. Études et Résultats, n°1237. Paris : DREES ; 2018
Mots clés : deprescription, sujet âgé, prescription inappropriée
Matériels & méthode : La révision des traitements chroniques des résidents d’EHPAD a été menée par un binôme interdisciplinaire médecin–pharmacien clinicien sur une période de 4 mois, avec pour référence la liste REMEDIES. Les IDE (infirmier diplômé d’état) ou IPA (infirmier en pratique avancé) ont contribué en apportant leur regard soignant sur les traitements. Les médicaments potentiellement inappropriés ont été classés en overuses (surutilisations), misuses (mauvaises utilisations) et underuses (sous-utilisations). Le coût théorique des overuses et underuses a été estimé sur 12 mois à partir du prix unitaire toute taxe comprise (TTC) de notre marché hospitalier.
Résultats & discussion : 50 patients ont été revus, soit 613 lignes de prescription. Au total, 278 modifications ont été proposées (45,3 %), dont 21,5 % d’overuses (n = 129), 19,7 % de misuses (n = 121) et 4,1 % d’underuses (n = 25). Les erreurs les plus fréquentes concernaient la posologie (39,7 %), le plan de prise (16,5 %) et la Dénomination Commune Internationale (DCI) (24 %). Les médicaments les plus impliqués étaient le paracétamol (59,4 %), la vitamine D (17,6 %), les IPP et compléments alimentaires (8,3 %), et les anxiolytiques (7,9 %).
Les traitements arrêtés étaient majoritairement administrés per os (86 %) et une prise quotidienne systématique était observée dans 84.3 % des cas.
Les médicaments arrêtés liée aux overuses correspondaient à 38 600 € TTC d’achat annuel, dont 28 000 € (75%) pour les compléments nutritionnels oraux (CNO). Les underuses représentaient à 6900 euros TTC.
Conclusion : La réévaluation interdisciplinaire des prescriptions en EHPAD contribue à ajuster les traitements aux besoins réels des résidents tout en maîtrisant les coûts. Les compléments nutritionnels oraux, fréquemment prescrits sans réévaluation, représentent un axe prioritaire d’optimisation et un enjeu financier, nécessitant une réflexion partagée autour de leur indication. Une étude ciblée sur la pertinence des prescriptions des CNO étendue à l’ensemble des résidences va être prochainement mise en place et menée en lien avec le Comité de Liaison en alimentation et Nutrition (CLAN).
(1) Tuffreau M. L’Ehpad, dernier lieu de vie pour un quart des personnes décédées en 2015. Études et Résultats, n°1237. Paris : DREES ; 2018
Mots clés : deprescription, sujet âgé, prescription inappropriée
